Migrer 70 postes de Windows 10 vers Windows 11 : remplacer, mettre à niveau ou prolonger ?

Une équipe informatique configure des ordinateurs de bureau pour une migration vers Windows 11 en entreprise.

Avec 70 postes sous Windows 10, la décision ne se limite pas à lancer une mise à jour. Votre parc mêle sans doute des PC récents, des machines encore productives mais incompatibles, et quelques équipements liés à des logiciels ou périphériques métier. La migration Windows 10 Windows 11 entreprise doit arbitrer sécurité, continuité d’activité et coût complet.

Depuis la fin de support Windows 10 du 14 octobre 2025, les postes non couverts ne reçoivent plus les correctifs de sécurité courants. Commencez par segmenter le parc, valider les applications et chiffrer trois scénarios par poste. Cette méthode évite un renouvellement parc informatique subi et concentre le budget sur les machines qui créent réellement un risque.

Points clés

  • Windows 10 a atteint sa fin de support le 14 octobre 2025 : un poste non protégé augmente l’exposition aux failles connues.
  • Windows 11 exige notamment un processeur compatible, TPM 2.0, UEFI avec Secure Boot, 4 Go de RAM et 64 Go de stockage.
  • Pour les organisations, ESU Windows 10 démarre à 61 $ par poste la première année et double chaque année ; 70 postes représentent au moins 4 270 $ la première année, hors taxes et prestations.
  • Sur un parc de 70 postes, classez chaque machine en trois groupes : migration directe, mise à niveau matérielle ciblée ou remplacement.

Pourquoi la fin de support impose un arbitrage rapide

Un ordinateur Windows 10 continue de démarrer et d’exécuter les logiciels habituels après octobre 2025. Il devient toutefois plus difficile à défendre dans un audit, face à une cyberassurance ou après un incident. Les vulnérabilités découvertes après cette date restent exploitables sans correctif standard.

Le risque porte d’abord sur les postes exposés : messagerie, navigation web, accès VPN, comptes administrateurs ou partages de fichiers. Un seul PC compromis peut fournir des identifiants Microsoft 365, chiffrer un serveur de fichiers ou ouvrir une voie vers l’ERP. Le plan de réaction à un compte Microsoft 365 compromis doit donc faire partie du dispositif, même pendant la migration.

La prolongation de support constitue un tampon, non une stratégie de parc. Le programme ESU Windows 10 fournit des mises à jour de sécurité critiques et importantes, sans ajouter de fonctions ni résoudre les limites matérielles. Son coût croissant rend le report de deux ou trois ans nettement moins attractif que le remplacement des machines les plus anciennes.

Établir l’inventaire des 70 postes avant toute commande

Produisez un export unique avec le modèle, l’âge, le processeur, la mémoire, le stockage, la présence du TPM 2.0, l’état Secure Boot, la version de Windows et l’utilisateur affecté. Ajoutez le rôle métier, les logiciels installés, les périphériques connectés et le niveau de sensibilité des données traitées. Sans cette vue, les décisions reposent sur des impressions et les achats débordent vite du budget.

L’outil de contrôle d’intégrité du PC et les données de gestion de parc donnent un premier verdict de compatibilité Windows 11. Faites toutefois vérifier les échecs : un TPM 2.0 peut être présent mais désactivé dans le firmware, et Secure Boot peut nécessiter une reconfiguration UEFI. Ces corrections sont pertinentes si le processeur figure déjà parmi les modèles pris en charge.

Testez ensuite un échantillon représentatif de 8 à 12 postes : comptabilité, direction, équipes nomades, accueil et postes reliés à des imprimantes ou scanners particuliers. Vérifiez l’ouverture des documents, les macros Office, les pilotes, la téléphonie, le VPN et les temps de connexion. Un pilote d’étiqueteuse indisponible ou une macro de facturation bloquée coûte davantage qu’une heure de test en amont.

Consignez les résultats dans une matrice de décision, même simple. Chaque ligne doit aboutir à une date, une action, un responsable et un coût estimé. Ce pilotage permet de traiter séparément l’urgence de sécurité et le calendrier d’amortissement comptable.

Répartir le parc entre migration directe, mise à niveau et remplacement

Les postes compatibles passent à Windows 11 sans changement matériel

Un PC compatible, doté d’un SSD sain, d’au moins 8 Go de mémoire pour un usage bureautique et encore sous garantie, relève généralement de la migration directe. La mise à niveau PC conserve les fichiers et applications, mais une sauvegarde vérifiée reste obligatoire. Prévoyez 1 à 2 heures de traitement par poste, dont une part peut s’exécuter hors temps de travail.

Dans une entreprise de 70 salariés, ce groupe représente souvent le moyen le plus rapide de réduire l’exposition. Déployez par vagues de 10 à 15 postes après un pilote validé, avec un créneau de retour arrière documenté. Pour les PC gérés, Intune, WSUS ou un outil RMM réduit le temps de manipulation et uniformise le paramétrage.

La mise à niveau matérielle ne vaut que dans des cas précis

Ajoutez de la mémoire, remplacez un disque dur par un SSD ou activez TPM et Secure Boot lorsque le processeur est compatible et que le poste a moins de quatre ou cinq ans. Une enveloppe de 100 à 300 € par machine peut alors prolonger un matériel fiable. Contrôlez aussi la batterie, l’écran, le chargeur et la disponibilité des pilotes : une réparation isolée peut masquer un renouvellement imminent.

Ne contournez pas les exigences de Windows 11 sur un CPU non supporté ou sans TPM 2.0. Cette installation hors cadre ne garantit ni mises à jour ni stabilité à long terme, et transfère le risque au support interne. Pour un parc d’entreprise, elle complique aussi la standardisation et les audits.

Les postes incompatibles ou coûteux à maintenir doivent être remplacés

Remplacez les machines incompatibles âgées, lentes, hors garantie ou affectées à des rôles sensibles. Un portable professionnel de gamme bureautique se situe souvent entre 800 et 1 200 € HT, selon l’écran, la mémoire, la garantie et l’autonomie. Le budget doit intégrer station d’accueil, préparation, transfert de données et recyclage, pas le seul prix d’achat.

Le remplacement crée l’occasion de réduire les écarts de parc : deux ou trois références suffisent souvent pour les profils sédentaire, mobile et usage intensif. Cette standardisation simplifie le stock de chargeurs, la gestion des garanties et les futures mises à jour. Pour cadrer le budget, utilisez une méthode d’équipement de commerciaux avec un plafond de 1 200 € par poste, puis adaptez les spécifications aux métiers.

Quand utiliser ESU Windows 10 sur les postes restants

ESU Windows 10 convient aux cas bloqués par une dépendance précise : logiciel métier non certifié, poste relié à une machine industrielle, validation réglementaire en cours ou délai d’approvisionnement. Il donne du temps pour corriger la cause, à condition de fixer une date de sortie et un responsable. Conservez une liste nominative des appareils couverts et de leur justification.

Pour 70 postes, 61 $ par appareil la première année représente 4 270 $ au tarif de référence, avant taxes, conversion et marge de distribution. La deuxième année atteint 122 $ par poste, puis 244 $ la troisième : garder les 70 machines trois ans dépasserait 29 000 $ sur la seule base des licences ESU. Les tarifs et modalités de souscription doivent être confirmés auprès de votre canal de licences.

Réservez donc ESU à un groupe limité, idéalement inférieur à 10 % du parc. Isolez ces postes : compte utilisateur sans droits administrateur, chiffrement, antivirus administré, sauvegarde et accès réseau limité au besoin métier. Un poste ancien qui manipule des fichiers sensibles sans protection renforcée ne doit pas bénéficier d’un simple sursis administratif.

Construire un plan de migration en six à huit semaines

La première semaine couvre l’inventaire, le classement et le chiffrage. Les semaines 2 et 3 servent au pilote, aux tests applicatifs et à la préparation des profils Windows 11. Commandez les postes de remplacement après ce pilote, afin d’éviter d’acheter une configuration qui ne répond pas aux besoins terrain.

Les semaines suivantes organisent les vagues de déploiement, à raison de 10 à 15 postes, avec une équipe support disponible le lendemain de chaque vague. Prévenez chaque salarié du créneau, des logiciels concernés et du comportement attendu au premier démarrage. Une communication interne brève avec un canal de remontée unique évite que les demandes se dispersent par téléphone et messagerie.

Avant chaque bascule, sauvegardez les données locales, les favoris, les fichiers PST éventuels et les paramètres propres aux logiciels métier. Testez surtout la restauration d’un échantillon, car une sauvegarde non relue ne protège rien. La procédure de test de restauration des sauvegardes doit couvrir un fichier utilisateur, un dossier partagé et une configuration de poste.

Mesurez enfin trois indicateurs : taux de postes migrés, nombre de tickets par vague et nombre de machines encore sous ESU. Un seuil de tickets supérieur à 10 % des utilisateurs d’une vague signale un défaut de préparation ou de formation. Corrigez-le avant de déployer le groupe suivant.

Sécuriser l’environnement Windows 11 au lieu de déplacer les mêmes faiblesses

La migration est le bon moment pour retirer les comptes locaux inutiles, imposer l’authentification multifacteur et vérifier le chiffrement BitLocker. Standardisez aussi les droits administrateur, les mises à jour, l’antivirus et l’inventaire logiciel. Ces réglages réduisent le coût de support et rendent les écarts visibles plus tôt.

Vérifiez le fonctionnement du VPN et la capacité de la connexion lors du déploiement des mises à jour, surtout si une partie des 70 utilisateurs travaille à distance. Un tunnel mal dimensionné ralentit les installations et incite les salariés à différer les redémarrages. Un diagnostic de VPN entreprise saturé par le télétravail aide à distinguer un problème de débit, de concentration ou de paramétrage.

Archivez la configuration de référence du nouveau parc : image de base, applications autorisées, pilotes, règles de sécurité et procédure d’arrivée d’un collaborateur. Vous disposerez ainsi d’un standard exploitable lors du prochain remplacement. Le gain se voit dans la marge de l’équipe informatique : moins d’interventions unitaires, des délais plus courts et des achats prévisibles.

Migration Windows 10 Windows 11 entreprise : la décision pour vos 70 postes

Dans ce cas précis, migrez immédiatement les PC déjà compatibles, mettez à niveau uniquement ceux dont la correction est limitée et durable, puis remplacez les appareils incompatibles ou fatigués. Utilisez ESU pour les exceptions métier identifiées, avec une échéance écrite. Cette répartition évite de financer trois ans de support transitoire sur des machines qui devront être renouvelées.

Votre livrable de décision tient sur une liste de 70 lignes, un budget par catégorie et un planning de vagues. Il donne à la direction une vision nette : coût immédiat, risque évité, nombre de postes sous exception et date de sortie de Windows 10. C’est ce niveau de pilotage qui transforme la migration en investissement maîtrisé plutôt qu’en dépense imposée.