Un stock comptable de 240 000 € ne peut pas être conservé si l’inventaire physique fait ressortir des manquants, des articles détériorés ou des références invendables. La clôture doit refléter les quantités réellement présentes et leur valeur récupérable, justificatifs à l’appui.
La méthode consiste à isoler l’écart inventaire comptable, à sortir les produits absents, puis à déprécier les articles encore en entrepôt dont la valeur de vente nette est inférieure au coût. Ces deux corrections ont des écritures et des effets de gestion distincts.
Partir du comptage physique et qualifier chaque écart
Figez les mouvements de stock à la date de comptage, ou reconstituez-les avec précision entre la date d’inventaire et la clôture. Rapprochez ensuite les quantités physiques du stock théorique par référence, lot, emplacement et unité de mesure. Un simple écart global ne permet ni une écriture fiable ni un plan d’action exploitable.
Classez chaque anomalie dans une cause précise : erreur de réception, erreur de préparation, casse, vol, péremption, erreur d’unité ou référence inactive. Cette qualification évite de mélanger une perte certaine avec une baisse de valeur probable. Elle donne aussi au contrôle de gestion les données nécessaires pour corriger le process responsable.
- Validez le comptage avec une seconde vérification sur les références à forte valeur ou à forte rotation.
- Rapprochez les écarts avec les bons de réception, ventes, retours, destructions et transferts internes.
- Faites signer la feuille d’écart par le responsable de stock et le responsable financier.
- Constituez un dossier daté pour chaque dépréciation significative : coût, quantité, prix de vente attendu et frais restant à supporter.
Un ERP fiabilise ce contrôle lorsqu’il verrouille les mouvements, les emplacements et les droits de correction. Lors d’une migration ERP en entreprise, reprenez les stocks article par article : un solde repris sans historique de lot ou de coût reporte les écarts sur plusieurs clôtures.
Un produit physiquement absent sort du stock. Un produit présent mais difficile à vendre reste au stock et fait l’objet d’une dépréciation si sa valeur nette réalisable baisse sous son coût.
Calculer la correction sur les manquants et le stock obsolète
Les produits manquants constituent une perte réalisée. Ils ne relèvent pas d’une provision dépréciation stock : leur quantité finale est nulle. Diminuez directement la valorisation des stocks du coût d’achat ou de production des unités absentes, après avoir écarté les erreurs de cut-off sur les achats et ventes proches de la clôture.
Pour les produits présents, comparez le coût de revient unitaire à la valeur nette réalisable à la date de clôture. Cette dernière correspond au prix de vente probable, diminué des remises nécessaires pour vendre, des coûts d’achèvement et des frais directs de commercialisation. Le BOFiP sur la dépréciation des stocks retient cette logique de comparaison entre prix de revient et cours du jour.
Exemple : les livres comptables affichent 240 000 €. Le comptage révèle 12 000 € de marchandises manquantes ; le stock physique au coût tombe à 228 000 €. Parmi ce montant, une série ancienne coûte 30 000 €, alors que son prix de cession net réaliste atteint 9 000 € : la dépréciation est de 21 000 €, pour une valeur nette de stock de 207 000 €.
Traitez le stock obsolète par familles homogènes lorsque les articles ont une rotation, une destination et une marge comparables. Analysez à l’unité les pièces coûteuses, les produits périssables et les références sans vente depuis 12 à 24 mois. Un taux forfaitaire sans historique de vente, offre de reprise ou estimation documentée fragilise l’arrêté des comptes.
Passer les écritures de clôture sans fausser la marge
La première écriture variation de stock dépend de votre méthode d’inventaire et du type de stock. Dans une comptabilité classique, le stock final issu du comptage remplace le montant comptable antérieur : la baisse des quantités augmente la charge de variation de stock et réduit le résultat de l’exercice. Pour des marchandises, le compte de stock 37 et le compte 6037 sont généralement mobilisés.
La perte liée aux manquants se traduit donc par une réduction de l’actif stock, via les écritures de variation ou une sortie identifiée selon l’organisation comptable. Évitez d’enregistrer cette même perte en charge d’achat puis de réduire aussi le stock final : ce double compte dégrade artificiellement la marge brute.
La dépréciation porte ensuite sur les biens toujours présents. Pour des marchandises, comptabilisez une dotation au débit du compte 68173 et une dépréciation au crédit du compte 397. Les autres catégories utilisent les comptes 391 à 395 selon la nature du stock ; la valeur brute reste visible et le compte 39 porte la correction de valeur.
Reprenez tout ou partie de cette dépréciation à l’exercice suivant si la référence est vendue, détruite ou revalorisée par un marché redevenu favorable. L’écriture passe alors au débit du compte 397 et au crédit du compte 78173. Le dossier d’inventaire doit permettre de suivre chaque provision par lot et d’éviter qu’elle demeure sans justification plusieurs années.
Piloter la cause économique après la clôture
Une correction de 33 000 € sur 240 000 € représente 13,75 % de la valeur initiale. Cet impact réduit le résultat, pèse sur les indicateurs de marge et peut modifier les décisions d’achat du trimestre suivant. Présentez séparément le coût des écarts physiques et celui de l’obsolescence au comité de direction.
Suivez chaque mois le taux de démarque inconnue, le taux d’obsolescence, la couverture de stock, le taux de rotation et les ventes sans mouvement depuis 90, 180 ou 365 jours. Un seuil d’alerte par famille permet de stopper les réapprovisionnements avant que le stock dormant ne consomme de la trésorerie. Le lien entre résultat et cash mérite aussi d’être lu avec l’analyse du bénéfice sans trésorerie.
Attribuez un propriétaire à chaque action : achats pour les commandes ouvertes, commerce pour le plan de liquidation, entrepôt pour les écarts de préparation et finance pour la revue des provisions. Mesurez le montant récupéré par les remises, les retours fournisseurs et les destructions évitées. Cette discipline transforme l’inventaire annuel en outil de pilotage de marge.
FAQ
Comment calculer la dépréciation d’un stock ?
Calculez, pour chaque article ou groupe homogène, la différence positive entre son coût de revient et sa valeur nette réalisable à la clôture. Si un lot coûte 10 000 € et ne peut être vendu net que 6 500 €, la dépréciation à comptabiliser est de 3 500 €.
Quelle différence entre écart d’inventaire et dépréciation de stock ?
L’écart d’inventaire comptable provient d’une différence de quantité entre le système et le comptage réel ; il entraîne la sortie des biens absents. La dépréciation concerne des biens présents dont la valeur économique a baissé, sans modifier leur quantité.
Faut-il déprécier un article qui n’a pas vendu depuis un an ?
L’absence de vente constitue un signal fort, mais elle ne fixe pas seule le montant. Vérifiez les commandes fermes, la saisonnalité, l’état du produit, le prix de marché et les frais nécessaires pour le vendre. Documentez ensuite le taux retenu.
Peut-on déduire fiscalement une dépréciation de stock ?
La dépréciation doit être individualisée ou calculée selon une méthode suffisamment précise, liée à une perte de valeur probable à la clôture. Conservez les listings d’ancienneté, prix de vente constatés, devis de destruction et décisions commerciales pour soutenir son traitement fiscal.
